L'interview de Gustave Courbet

Saviez-vous que Courbet nous doit 323 000 Francs ? Pas à nous personnellement, malheureusement, mais à la France...

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Ça c'est Courbet après avoir reçu la facture pour rembourser la colonne Vendôme - DR

Roger(S) : Salut Gustave, pour ceux qui ne t'auraient pas reconnu, tu te présentes ? Gustave : Ben, Gustave, Gustave Courbet… Le peintre. Roger(S) : Enchanté Gustave, nous sommes ravis d’échanger avec toi. Même si tu es une figure de Paris, tu n’es pas Parisien. Raconte-nous un peu ça… Gustave : Oui, c’est vrai. Je suis né à Ornans du coté de Besançon. C’est d’ailleurs là que je me suis installé à l’âge de 18 ans pour apprendre la peinture, une véritable passion. Puis, deux ans plus tard je me suis installé à Paris pour apprendre un métier "sérieux" et je me suis inscrit à la fac de droit. Roger(S) : Rien à voir avec la peinture ces études… Gustave : Bon, disons que j’ai un peu fait semblant, ça ne me plaisait pas du tout alors j’ai séché les cours et je me suis remis à peindre. Je me suis fait la main en copiant des tableaux au Louvre. Ça m’a permis de m’imprégner des grands maîtres comme Caravage, Rembrandt ou encore Géricault qui m’ont inspiré pour développer mon propre style. J’ai aussi profité de Paris et je me suis installé du coté de Saint-Germain-des-Prés.

Roger(S) : Plutôt sympa comme quartier… C'est donc là-bas que tu trainais. Gustave :  C’est clair, même si à l’époque c’était un peu plus bohème qu’aujourd’hui. D’ailleurs, autant l’avouer, je me suis galéré au début. Toutes mes toiles ont été refusées dans les salons. Ça a duré plusieurs années. Après, ça a commencé à aller mieux et j’ai pu prendre un grand atelier rue Hautefeuille. C’est là d’ailleurs que j’ai peint une de mes toiles les plus célèbres, l’Atelier du Peintre.

Roger(S) : Plutôt cohérent comme intitulé de tableau… Et après, enfin le succès ? Gustave :  Ben après tout s’est enchainé, le succès est venu rapidement. J’ai même pu peindre mon fameux tableau L’origine du monde qui à l’époque était resté secret, vu le thème, ça peut se comprendre.

Roger(S) : Oui d’ailleurs, il n’est vraiment plus secret car on a découvert depuis une photo de ton modèle, Constance Quéniaux.

Gustave :  Oui, c’est une copine, mais elle voulait rester discrète…

Roger(S) : Normal. Mais dis-nous, tu faisais quoi à Paris à part peindre ?

Gustave :  Eh bien j’aimais bien sortir pour refaire le monde avec mes amis. On aimait bien fréquenter les cafés de Pigalle comme le Rat Mort ou ceux de Montparnasse comme le café des Mille Colonnes. Ce que nous aimions bien, il faut le dire, c’était de refaire le monde et d’imaginer une société différente et progressiste…

Roger(S) : Ah, nous y venons. Tout le monde ne le sait pas mais en vérité tu es plutôt un bad boy…

Gustave : Il ne faut peut-être pas exagérer mais disons que j’étais plutôt contre le pouvoir en place. Du coup lors des évènements de la Commune, je me suis jeté à corps perdu dans la révolte du peuple de Paris. Peut-être un peu trop d’ailleurs car j’ai eu le tort de participer à l’enlèvement de la Colonne Vendôme…

Roger(S)  : Ah ouais, quand même, tu n’es pas vraiment un plaisantin… Gustave : Je n’étais quand même pas tout seul, mais bon, c’est moi qui ai pris pour tout le monde... Résultat, 10 mois de prison à Sainte Pélagie et condamnation à rembourser la colonne. Les affaires avaient bien marché mais pas au point de pouvoir rembourser ça...

Roger(S) : C’est certain. Tu as fait quoi du coup ?

Gustave : Ben classique, j’ai quitté la France et je me suis installé en Suisse. J'avais négocié un échelonnement des paiements sur 33 ans, mais finalement j'ai refusé de payer la première traite et je suis parti. Une sorte d’exil fiscal… Enfin, à l'époque ce n'était pas si avantageux car l’industrie bancaire suisse n’existait pas vraiment…

Roger(S) : Ah oui, les choses ont bien changé. Mais d'ailleurs, de quelle époque parle-t-on finalement ?

Gustave :  Moi je suis du XIXème siècle. Né en 1819, mort en 1877.

Roger(S) : Ah oui quand même, tu n'es plus tout jeune… En tout cas, un grand merci Gustave pour cet entretien à bâtons rompus.



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Copyrights :

Le désespéré, Gustave Courbet, 1843-1845 © Conseil Investissement Art BNP Paribas

L'origine du monde, Gustave Courbet, 1866 © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

L'atelier du peintre, Gustave Courbet © Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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