L'interview de Camille Pissarro

Saviez-vous que Pissarro nous avait laissé plus de 1500 toiles ? Plutôt productif le Camille, c'est à se demander s'il n'a pas un peu barbouillé certaines toiles...

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Pissarro en train de faire semblant de travailler - Musée Camille Pissarro

Roger(S) : Salut Camille, ne nous regarde pas comme ça... Nous sommes seulement là pour apprendre à te connaître.

Camille : Alors je m’appelle Camille Pissarro, avec deux "s" et deux "r". On fait souvent la faute... Je suis né le 10 juillet 1830 sur l’Ile de Saint-Thomas dans les Antilles. Je suis peintre. 

Roger(S) : Oh, un peintre des îles. Ce n'est pas tous les jours.

Camille : C'est vrai que j'ai des origines assez variées, on est loin du titi Parisien que vous interrogez d'habitude. Mon père est juif français originaire du Portugal et ma mère est créole originaire des Antilles danoises. Je suis tout sauf Parisien donc, désolé ! 

Roger(S) : Ok, ok, nous ferons avec... Mais tu es déjà venu à Paris quand même ? 

Camille : Ah oui, bien sûr. Paris a été une de mes sources d’inspiration, en particulier la Seine qui se laisse emporter entre Paris, l’Oise et la Marne. Enfin, même si j'ai entendu dire que ce n'est pas vraiment la Seine qui coule à Paris... Bref, j’ai habité à Pontoise, non loin de la capitale, puis à Louveciennes, vous comprenez, c'était moins cher, et j'avais tout de même huit enfants à loger... Mais j’ai fini par pouvoir m'acheter un pied-à-terre Parisien pour honorer mes rendez-vous artistiques au Café Guerbois aux Batignolles. 


La plupart de mes toiles ont été détruites par les Prussiens…

Roger(S) :  Et alors avant de traîner dans les cafés parisiens, tu as fait des études ou tu t'es rapidement mis à la peinture ?   

Camille : Alors il faut savoir que mon père n’a pas vraiment été enthousiaste quant à mes aspirations. A mes 12 ans, il m’envoie suivre une scolarité dans un pensionnat à Passy. Je dirais que c’est à ce moment que j’ai commencé à dessiner, griffonner la campagne... Étant non loin de Paris, j’en ai aussi profité pour visiter les grands musées et nourrir ma créativité. Mon père a fini par céder à ma volonté de devenir peintre et c’est comme ça que j’ai commencé à travailler à l’Académie Suisse. 

Roger(S) : Ah oui, l'Académie Suisse... Pas une troupe de plaisantins... Tu t'y es fait des amis ?

Camille : Plus que vous l’imaginez. J’y ai rencontré Claude, en 1859… Monet. Oui, Claude Monet pardon, puis Guillaumin en 1861. J'ai d'ailleurs enseigné à Cézanne et Gauguin, ce n'est pas rien. Enfin, mis à part mes amis de l’Académie j’ai rencontré Édouard Manet, un chic type, très talentueux.

Roger(S) : Dis donc ! Ton entourage compte pas mal de stars… ça devait aller financièrement non ? 

Camille : Eh bien, figurez-vous que non. Mon succès commercial n’arrive que très tardivement. Toute ma vie, j’ai fait face à des difficultés financières car je vendais difficilement et à des prix modestes. C’est en 1900, trois ans avant ma mort, que le public accroche enfin à mes œuvres lors de l’Exposition Universelle. Le prix de mes tableaux va alors s’élever. Mais bon, trois ans avant ma mort quoi, autant dire que je n’en ai pas beaucoup profité…


Roger(S) : Bon, même si le public a mis du temps à s'en rendre compte, ton talent est aujourd'hui indéniable. On ne compte plus tes chef-d'oeuvre...

Camille : Ah ça oui, j'en suis très fier. J’ai un attachement particulier à mes séries sur la Gare Saint-Lazare et les Grands Boulevards puisqu’elles témoignent de mon passage à Paris, cette ville que j’ai tant aimée. Enfin, mes peintures de paysages ou du travail dans les champs comme Les Faneuses le soir. Je suis également fier de l’empreinte que j’ai laissée à ce mouvement artistique emblématique qu’est l’impressionnisme.

Roger(S) : Tu as des regrets ? 

Camille : Peut-être cet épisode de la guerre de 1870, quand j’ai dû quitter le pays et laisser derrière moi mes tableaux sans savoir comment j’allais les retrouver. A mon plus grand désespoir, mes craintes se sont réalisées. La plupart de mes toiles ont été détruites par les Prussiens… À part cela, je crois avoir eu une vie agréable et inspirante jusqu’au bout, jusqu’au 13 novembre 1903. 


Roger(S) : Super, on adore ce genre de happy end pour clore une interview.



La culture sur le terrain : Pissarro


Retrouvez toutes ses adresses avec par exemple son appart la Rue de Rivoli


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Copyrights :

Faneuses, le soir, Eragny, Camille Pissarro, 1893 © Joslyn Art Museum, Omaha, Nebraska - Expo Pissarro à Eragny au Musée du Luxembourg

Late afternoon in our Meadow, Camille Pissarro, 1887 © The National Gallery, London

La Rue Saint-Honoré dans l’après-midi, Camille Pissarro, 1897, © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

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