L’interview d’André Breton

Saviez-vous qu’André Breton était un chef qui ne faisait pas de crêpes ?


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Et bien, tu vas bien nous voir avec ces lunettes de champion. - Portrait d'André Breton

Roger(S) : Bonjour, on te laisse te présenter ?

André : Moi c’est André Breton, né le 19 février 1896 en Normandie.


Roger(S) : Mais t’es pas Breton alors, on allait te demander si tu étais un spécialiste des crêpes mais ça tombe un peu à l’eau… Du coup tu fais quoi dans la vie ?

André : J’ai eu un parcours un peu particulier. Mes parents m’ont imposé une éducation catholique stricte, après quoi j’ai fait des études de médecine, notamment de psychiatrie. C’est seulement en 1914 que je me lance dans la littérature quand Jean Royère, à la tête de la revue La Phalange remarque mes poèmes. Il me met en contact avec Paul Valéry et ma carrière est lancée…


Roger(S) : Un littéraire alors. Tu étais plutôt quel style ?

André : En 1919 je deviens dadaïste après ma rencontre à Zurich avec Tristan Tzara, le chef de file du mouvement. C’est assez drôle qu’il soit le meneur d’ailleurs, car il manque cruellement de charisme, je l’ai toujours dit… Bref, avec mes deux acolytes, Aragon et Soupault, nous décidons de faire vivre le Dada à Paris et créons la revue Littérature où sera notamment publié Paul Éluard. En 1920, je romps avec ce groupe et je crée le Surréalisme. C’est un faux procès qui nous divise. Les dadaïstes voulaient tourner cette initiative au ridicule alors que je trouvais la performance très sérieuse… Je publie le Manifeste du Surréalisme en 1924 et deviens le chef de file du mouvement un peu malgré moi…


Roger(S) : Et du coup, tu as fait quoi pour faire connaître ton courant ?

André : En 1938 j’ai organisé la première exposition internationale du Surréalisme à Paris. J’y ai prononcé une conférence sur l’humour noir, une notion très importante dans notre mouvement. J’ai aussi voyagé au Mexique pour rencontrer Frida Kahlo et Léon Trotski. C’est avec lui que j’ai écrit le manifeste Pour un art révolutionnaire indépendant. Bon, ça m’a valu une embrouille avec Éluard mais au moins j’ai pu partager mes idées sur l’art surréaliste


Roger(S) : Ah oui, tu t’es disputé avec beaucoup d’artistes pour imposer tes idées ?

André : J’étais assez difficile…. Je trouvais que le travail de journalisme d’Aragon était une perte de temps, j’ai été déçu par les écrits de Picabia, j’ai été en désaccord profond avec Camus, Sartre et aussi Tzara évidemment… J'ai même viré Dali qui devenait trop excentrique. Mes adversaires m’avaient surnommé le « pape du Surréalisme » pour se moquer de mon intransigeance. Mais, même si j’ai toujours fortement influé sur la ligne directrice du mouvement, je n’ai jamais voulu en être officiellement le chef. Bon, et puis j’ai aussi écarté Cocteau, mais ça, c’est probablement lié à mon homophobie. J’ai toujours assumé cette opinion, à l’époque ça choquait moins que maintenant.


Roger(S) : Euh, ok… On espère que tu as changé d’avis depuis… Bon, parlons d’amour du coup, comment ça se passait de ce côté-là pour toi ?

André : Je me suis marié à Simone Kahn en 1921. Elle participait activement au mouvement avec moi. En 1926 j’ai rencontré Léona Delcourt, alias Nadja. Elle m’a ordonné d’écrire sur elle, c’est comme ça qu’est né mon roman Nadja. Mais lors d’une lecture de l’œuvre, j’ai rencontré Suzanne Muzard, dont je suis tombé follement amoureux. Je divorce Simone en 1929 à sa demande. Elle te touchera plus au Surréalisme, je crois qu’elle l’a mal pris… Même Suzanne choisit finalement la sécurité matérielle en épousant Emmanuel Berl, un homme politique, nous continuerons notre relation tumultueuse faite de ruptures et de retrouvailles jusqu’en 1931. J’ai même ajouté une troisième partie à mon roman pour elle.


Roger(S) : Tu n’as pas été très cool avec ton ex-femme… On ne te voyait pas trop enfreindre les règles…

André : Détrompez-vous. A l’occasion d’une visite du maréchal Pétain à Marseille, j’ai été emprisonné pendant 4 jours sur un navire par prévention. Ils m’avaient identifié comme anarchiste dangereux… La censure de Vichy a aussi interdit la publication de mon Anthologie de l’humour noir. Il faut dire qu’ils n’étaient pas très drôles à l’époque…


Roger(S) : Ah oui ? Tu nous l’apprends… Bon, on arrive à la fin, un dernier truc à ajouter ?

André : Peut-être simplement que je n’ai pas fait que du Dada et du Surréalisme. En 1947 j’ai commencé à m’intéresser à l’Art brut aux côtés de Dubuffet et j’ai participé à la création de la Compagnie de l’Art brut qui visait à rassembler, conserver et exposer les œuvres des malades mentaux. Une force créatrice que j’avais repérée depuis bien longtemps…


Roger(S) : Bon, on aura compris que tu as toujours raison… On va te laisser rentrer, tu es loin ?

André : Oh non, depuis ma mort le 28 septembre 1966 à Paris, je me repose au cimetière des Batignolles. Merci de m’avoir écouté.



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