Femmes photographes de guerre au Musée de la Libération de Paris

Saviez-vous que les photos de guerre pouvaient être très esthétiques ?


  • Du 8 mars au 31 décembre 2022

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Pas sûr que ça marche là... - Expo Femmes photographes de guerre au Musée de la Libération - Photo by Roger(S)

Bon, on ne va pas se mentir, qu’elles soient prises par des femmes ou non, les photos de guerre annoncent rarement une expo réjouissante. C’était sans compter sur l’intervention du Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc – Musée Jean Moulin, oui c’est son nom complet, qui parvient à nous proposer une sortie liée à la guerre véritablement digne d’intérêt.


Si l’exposition questionne l’existence d’une sensibilité féminine, elle ne prend pas vraiment la peine d’y répondre et c’est tant mieux. En effet, pour la commissaire de l’exposition, il n’existe pas vraiment de regard féminin porté sur la guerre mais autant de regards qu’il existe de photographes. Bien malin celui ou celle qui saurait reconnaître un cliché pris par une femme d’une photo prise par un homme…


Bref, le véritable intérêt de cette exposition est de démontrer que le monde de la photographie de guerre dominé par les hommes a également vu passer de nombreuses femmes talentueuses. A travers 75 ans de conflits, le parcours met en évidence l’implication des femmes en tant que témoins de guerres.


Parmi les 8 femmes photographes présentées, Lee Miller est une de celles qui a le plus retenu notre attention. Après une enfance tragique durant laquelle elle se fait violer, elle s’affranchit de sa famille en débarquant sur le vieux continent où elle rencontre Man Ray, Paul Éluard ou encore Picasso.


Ce qui est étonnant chez cette photographe, c’est que c’est le magazine de mode Vogue qui l’envoie suivre l’armée américaine en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle parvient à faire publier ses clichés témoignant de l’horreur des camps dans ce magazine habituellement plus léger. Telle une artiste, elle parvient à esthétiser la mort dans un cliché d’une femme décédée à Leipzig sous les traits de la Belle au bois dormant. Chapeau l’artiste…


L’autre élément que l’on retient de Lee Miller, c’est son absence d’empathie et son humour si particulier. Et vous savez qu’en humour, nous sommes des experts, ou presque… En effet, ses clichés sont accompagnés de nombreuses notes montrant qu’elle n’éprouve aucune compassion envers les femmes tondues et humiliées, pour avoir collaboré avec les Allemands, qu’elle prend en photo. Et que dire du commentaire « La mode ne sera plus jamais aux pyjamas rayés », même nous, nous n’aurions pas osé la faire. C’est dire…


Les autres photographes méritent évidemment également un coup d’œil comme Françoise Demulder qui témoigne du chaos après le départ des Américains de Saïgon, Carolyn Cole qui montre les rituels des soldats pour se transformer en machines de guerre ou encore Anja Niedringhaus qui met en évidence l’attente dans la guerre. Mais bon, on ne va pas vous en dire plus, il faut vous laisser découvrir le reste par vous-même…


Le truc en plus :

Ne manquez pas le cliché de Françoise Demulder ayant remporté le prix de photo de l’année par la Fondation World Press Photo. Celui-ci a failli finir à la poubelle après avoir été jugé trop commercial par l’agence Gamma. Il permet finalement à Françoise Demulder d’être la première femme à remporter ce prix en 1977, sachant que le prix existait depuis 1950.



Musée de la Libération de Paris – Musée du Général Leclerc – Musée Jean Moulin

4, avenue du colonel Henri Rol-Tanguy, 75014 Paris

Du mardi au dimanche de 10h à 18h

Fermé le lundi

Entrée : 8€ - tarif réduit : 6€ - gratuit -18 ans




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