Le Bio-art

Préambule : Précisons que nous ne rentrerons pas ici dans un débat sur la maltraitance des êtres vivants. Nous laissons cette tâche à notre chère Brigitte Bardot nationale, ou à la SPA, c’est plus sûr…


Alba, lapine transgénique, gène de méduse, lapin fluo, bio art, art et science, grands mouvements artistiques peinture, histoire de l art, analyse etude d une oeuvre d art, comment identifier les mouvements artistiques
Sympa la lampe de chevet... - Alba, lapine transgénique créée par Kac

Quand ?

A partir des années 1980-2000 avec l’apparition de la biotechnologie


Où ?

Partout, enfin, dans les labos qui acceptent donc beaucoup en Suisse


Qui ?

Eduardo Kac, Art orienté objet, Symbiotica, George Gessert, Marta de Menezes, Orlan…


Quoi ?

Difficile de définir le Bio-art puisqu’il en existe autant de formes que de bio-artistes. Mais pour faire simple, il s’agit d’un mouvement où les artistes jouent avec la matière organique en utilisant la science.


Pourtant, a priori rien ne semble lier science et art. En réalité tekhnê en grec renvoie à l’idée de science définie par Platon qui inclue aussi bien l’arithmétique que le dessin. L’art et la science ne s’opposent donc pas l’un à l’autre, en tant que productions humaines ils sont opposés à physis, la nature.


Nous allons donc parler de savants fous qui ont échangé les pinceaux contre la blouse blanche. Animaux mutant, création de cuir humain ou chirurgie non-esthétique, les bio-artistes n’hésitent pas à explorer le monde du vivant, quitte à basculer dans la provocation.


bio art, art et science, grands mouvements artistiques peinture, histoire de l art, analyse etude d une oeuvre d art, comment identifier les mouvements artistiques
Sympa les échasses... - Art Orienté Objet

Bon, là on les présente un peu comme des rigolos... Moqués pendant longtemps, les bio-artistes sont désormais reconnus dans les musées. Ils ont développé une expertise scientifique qui rappelle la Renaissance où les artistes comme De Vinci étaient avant tout de grands mathématiciens.


Pour autant, ce ne sont pas des scientifiques soumis aux réglementations liées à la souffrance animale. Au contraire, la performance artistique réside justement dans la remise en cause de ces limites. Cette approche donne donc des œuvres plus ou moins éthiques qui interpellent, choquent, ou rebutent, selon les goûts, mais ne laissent jamais indifférent… Prenons quelques exemples, c’est toujours plus parlant.


Côté transformations végétales, Gessert crée des plantes hybrides grâce à des mutations génétiques. Davantage sujet à controverse, Marta de Menezes travaille sur la transformation morphologique des papillons : en piquant leur chrysalide, elle modifie les motifs de leurs ailes. En 2000, Eduardo Kac va plus loin avec de la modification génétique. Il crée Alba, une lapine possédant un gène de méduse qui la rend vert fluo. Très critiqué, son travail avait pour objectif de questionner le statut des animaux objets de laboratoire et la possibilité de faire d’un être vivant une œuvre d’art.


bio art, art et science, grands mouvements artistiques peinture, histoire de l art, analyse etude d une oeuvre d art, comment identifier les mouvements artistiques
Si ça permet d'expliquer à son chat qu'il ne faut pas faire ses griffes sur le canapé... - Art Orienté Objet

Mais le Bio-art, ce n’est pas que de la maltraitance animale. Le collectif Symbiotica crée par exemple Victimless leather, des vestes de cuir réalisé à partir de culture de cellules de souris ou Disembodied cuisine, des steacks faits de cellules musculaires de grenouilles. Dans le même esprit, l’artiste ORLAN crée un Manteau d’Arlequin à partir de ses propres cellules, de celles d’autres personnes et de cellules animales. Bizarrement, on ne le croise pas chez H&M…


D’ailleurs, le Bio-art ne s’arrête pas aux expérimentations végétales et animales. Côté transformations du corps humain, le collectif français Art Orienté Objet tente de lier son « umwelt », une bulle sensorielle propre à chaque espèce, à celui d’un chat, d’un cerf ou d’une girafe. Pour cela ils enfilent pattes et queue de chat, bois de cerf ou long cou et oreilles mobiles. L’expérience fonctionne si bien que la girafe mâle de l’enclos perçoit l’artiste comme une autre girafe mal et l’attaque. Pas de bol…


En 2010, ils vont encore plus loin dans cette démarche en injectant à l’artiste Marion Laval-Jeantet du sang de cheval. May the Horse live in me, vise à transformer l’artiste en centaure. Bon, dans les faits, elle a surtout eu une fièvre de cheval...


bio art, art et science, grands mouvements artistiques peinture, histoire de l art, analyse etude d une oeuvre d art, comment identifier les mouvements artistiques
Une troisième oreille, ça peut dépanner... - Body Hacking de Stelarc

L’artiste australien Stelarc, quant à lui, considère le corps humain comme inadapté et tente d’explorer d’autres constructions anatomiques. Dépassant la peur de l’eugénisme nazi, c’est-à-dire la création du corps parfait, il s’implante par exemple une oreille dans le bras pour sa série Body Hacking. Pas pratique pour téléphoner…


Combien ?

Bon, des œuvres faites de matière vivante et donc éphémères, et qui résident souvent directement dans le corps de l’artiste, ce n’est pas toujours facile à estimer… Ce que l’on peut vous dire c’est que Trying Animals on me, une photographie de la série Skin Culture d’Art Orienté Objet, a été mise en vente en 2001 pour 1500€.


Le saviez-vous ?

Le, crée par exemple Skin Culture, une œuvre réalisée à partir de fragments de leur peau mis en culture en laboratoire et déposés sur des dermes de porcs pour être renforcés et tatoués de représentations d’espèces animales menacées. Bon, vu qu’aucun acheteur n’a souhaité se faire implanter ces bouts de peau, ils sont conservés dans des bocaux de formol…

  • Facebook
  • Instagram