La tyrophobie

En France, pays qui revendique plus de mille variétés de fromages, avouer qu ’on n’aime pas ça relève presque de l’exploit. Et pourtant, environ 6 % des Français éprouveraient un véritable dégoût pour le fromage. Pas une simple préférence alimentaire, mais une répulsion franche appelée la tyrophobie.
Des chercheurs de l’université de Lyon et de l’université Pierre et Marie Curie à Paris ont cherché à comprendre ce phénomène. En étudiant le cerveau de personnes se déclarant antifromage, ils ont observé une activation particulière de zones liées aux émotions et à la motivation.
Fait étonnant, ces zones du cerveau sont habituellement associées au plaisir. Mais chez ces personnes, elles réagissent à l’inverse. Au lieu de déclencher l’envie de manger du fromage, elles provoquent un sentiment de rejet.
Autrement dit, la dopamine ne sert pas seulement à nous donner du plaisir. Elle sert aussi à nous motiver à agir ou à nous éloigner. Chez certains, elle pousse à se servir une part de comté. Chez d’autres, elle déclenche une envie irrépressible de quitter la pièce…


