Le Syndrome de Witzelsucht ou le syndrome du blagueur invétéré

Faire une blague pour détendre l’atmosphère, tout le monde connaît. Mais chez certaines personnes, l’humour devient incontrôlable. Elles plaisantent sans arrêt, souvent de manière inappropriée, même dans les situations les plus sérieuses.
Ce trouble porte un nom étonnant, le syndrome de Witzelsucht.
Ce phénomène est décrit dès la fin du XIXᵉ siècle par des neurologues allemands, qui observent chez certains patients une tendance irrépressible à faire des jeux de mots et des plaisanteries absurdes. Le terme « Witzelsucht » signifie littéralement « addiction à la blague ».
Aujourd’hui, on sait que ce syndrome est lié à des lésions du lobe frontal droit, une zone du cerveau impliquée dans le contrôle social et l’inhibition. Il apparaît le plus souvent après un AVC, un traumatisme crânien ou dans certaines maladies neurodégénératives. Le filtre social disparaît, et l’humour déborde.
Les blagues deviennent répétitives, inadaptées, parfois incompréhensibles. Et surtout, la personne ne réalise pas qu’elles ne sont pas appropriées.
Comme quoi, faire rire les autres est un art. Mais savoir quand s’arrêter est une fonction cérébrale…
