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La mode qui tue


Au XIXᵉ siècle, le vert est la couleur tendance. Un vert éclatant, lumineux, presque fluorescent. Bref, une couleur mortelle. Littéralement… 😬


En 1861, une jeune couturière anglaise tombe gravement malade. Elle vomit un liquide verdâtre, ses yeux s’irritent, de l’écume apparaît à sa bouche. Elle meurt d’un empoisonnement. Son tort ? Avoir manipulé toute la journée des tissus teintés en « vert de Scheele » ou « vert de Paris ».


Le pigment qui donne cette teinte contient en effet de l’arséniate de cuivre, un nom chic pour désigner l’arsenic, un poison bien connu des amateurs de romans policiers. Selon l’historienne Alison Matthews David, spécialiste de l’histoire de la mode, certaines robes pouvaient contenir des quantités d’arsenic telles que le poison représentait une part importante de leur poids.


À force de les coudre, de les porter ou même simplement de les toucher, les particules toxiques pouvaient être inhalées ou absorbées par la peau. Et les symptômes étaient violents : maux de tête, vomissements, lésions cutanées, troubles respiratoires.


Les ouvrières des ateliers de teinture étaient les premières victimes. Mais les clientes n’étaient pas totalement à l’abri.


À l’époque, la presse victorienne s’empare du scandale. Certains journaux parlent alors de « robes meurtrières ». Certaines élégantes vêtues de vert sont même qualifiées de femmes fatales au sens littéral.

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