La Porcelaine de Limoges

Quand on pense porcelaine, ce qui n’arrive pas tous les jours, il faut l’avouer, on pense parfois aux vieilles assiettes de mamie, sorties uniquement pour les grandes occasions.
La porcelaine de Limoges a parfois une image un peu poussiéreuse. Pourtant, derrière les tasses fleuries, il y a un véritable morceau de patrimoine et une histoire industrielle majeure.
Tout commence en 1768, près de Saint-Yrieix-la-Perche, où l’on découvre du kaolin, une argile blanche indispensable pour fabriquer de la porcelaine dure et translucide. Jusqu’alors, l’Europe dépend surtout de la Chine pour produire une porcelaine de grande qualité. Avec ce gisement français, Limoges devient rapidement le cœur de la production nationale.
Dès les années 1770, les manufactures se multiplient. Au XIXᵉ siècle, la ville exporte massivement, notamment vers les États-Unis grâce à la maison Haviland. La porcelaine de Limoges s’impose alors sur les grandes tables bourgeoises et dans les palaces comme un symbole d’élégance à la française.
Aujourd’hui encore, des maisons comme Bernardaud, Haviland ou Médard de Noblat perpétuent ce savoir-faire, avec une large part de leur production tournée vers l’international. La filière représente environ un millier d’emplois dans la région.
Depuis 2017, la mention « Porcelaine de Limoges » est protégée par une indication géographique en France. Et depuis 2023, l’Union européenne a étendu le label d’Indication Géographique aux savoir-faire artisanaux comme la porcelaine de Limoges, offrant à ces productions la même protection que le champagne ou le jambon de Parme, afin de lutter contre les contrefaçons et de défendre les emplois locaux.

