Jouer l’Arlésienne

Saviez-vous que si vous attendiez de rencontrer l’Arlésienne pour comprendre cette expression, vous pouviez attendre longtemps ?

Photo Arlésienne Van Gogh
Ca n'a pas l'air si festif que l'on pensait le pays d'Arles... - DR Vincent Van Gogh

Lorsque l’on attend quelqu’un qui est en retard, on a vite fait de s’agacer. Il faut dire que lorsque l’on est du genre ponctuel comme nous, ou pas, il n’y a rien de pire que les retardataires.


Si cette situation se produit, plutôt que d’écrire à votre ami en retard « T’arrives quand ? J’en ai marre de t’attendre », vous pouvez sortir votre plus belle expression française en lui demandant : « Tu penses jouer l’Arlésienne encore longtemps ? ».


Bon, pour que l’effet soit réussi, il faut que vous connaissiez le sens et l’origine de cette expression. Elle naît dans une courte nouvelle d’Alphonse Daudet intitulée L’Arlésienne. Vous ne l’avez peut-être pas étudiée car elle ne fait que trois pages, ce qui ne torture pas assez les élèves…


Dans cette œuvre, Jan, un garçon de campagne, tombe fou amoureux d’une jeune fille de la ville rencontrée aux arènes d’Arles. Après négociation avec ses parents, ceux-ci acceptent finalement qu’ils se marient, sans avoir rencontré la belle. Le mariage est annulé lorsqu’un homme se présente comme l’amant de l’Arlésienne avec preuves à l’appui, mais le jeune homme n’oubliera jamais sa promise et se suicide. Joyeux…


Ajoutons pour l’anecdote que Daudet s’inspire du suicide du neveu de Frédéric Mistral, un écrivain provençal, à la suite d’une déception amoureuse. Ce petit emprunt aurait, selon les rumeurs terni leur amitié.


L’expression « jouer l’Arlésienne », issue de cette histoire, est donc utilisée pour désigner une personne dont on entend beaucoup parler mais qui ne se montre jamais et par extension que l’on attend désespérément sans succès.


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