L'interview de Pablo Picasso

Saviez-vous que Picasso avait réalisé environ 50 000 oeuvres ? Ça c'est ce qu'on appelle de la productivité ! Bon, en même temps il y a 809 brouillons rien que pour Les Demoiselles d'Avignon...

Photo Pablo Picasso, L'interview de Pablo Picasso
Pablo Picasso en 1973 - Paolo Monti


Roger(S) : Salut toi, tu veux bien te présenter ?

Pablo : Bien sûr, je m'appelle Pablo Diego José Francisco de Paula Juan Nepomuceno María de los Remedios Cipriano de la Santísima Trinidad Ruiz y Picasso et je suis artiste.


Roger(S) : Oula, c'est un peu compliqué pour nous tout ça, si tu veux bien on t'appellera Pablo. Ça ne sonne pas très Français ton nom, on se trompe ?

Pablo : Vous avez raison, je suis Espagnol à l'origine.


Roger(S) : Super, mais alors il faut qu'on te fasse visiter Paris si tu es un touriste. Pablo :  Oh mais je connais très bien Paris. J’ai eu la chance qu’un de mes tableaux soit sélectionné pour représenter l’Espagne à l’exposition universelle. Du coup j’en ai profité pour rester un peu et vivre à Montmartre

Roger(S) : Montmartre ? Tu aimes l’accordéon et les cocas à 10€ ? Ça fait quand même un peu touriste... Pablo :  Non, je logeais chez un ami peintre donc c’était pratique. J’ai aussi habité du côté d’Oberkampf avec mon ami Max Jacob. Après j’ai fait pas mal d’allers retours entre Paris et l’Espagne. Puis j’ai fini par poser mes valises. J’ai eu du bol, j’ai trouvé une piaule au Bateau Lavoir à Montmartre et suis resté à Paris 10 ans. Donc là, on peut dire que je suis presque devenu Parisien.

Roger(S) : Enfin presque, Montmartre, c'est un quartier bien à part qui plait bien aux touristes…

Pablo :  C’est ça qui est sympa avec les Parisiens, tu peux rester dans leur ville des dizaines d’années mais tu seras toujours un touriste… Mais tu sais, j’ai aussi vécu à Montparnasse. C’était un peu « The Place to be » à l’époque comme le quartier de South Pigalle aujourd’hui.. Puis j’ai fini par quitter Paris pour bourlinguer un peu partout. 


Ma dernière épouse Jacqueline Roque, j'ai fait son portrait à 400 reprises.

Roger(S) : Au moins, dans ces quartiers tu as dû faire plein de rencontres sympas.

Pablo : J’ai commencé à explorer de nouveaux champs picturaux, et on a peint des tableaux bizarres ou cubiste avec mon pote George Braque. Après avoir voyagé, je suis revenu pour vivre rue de la Boétie. Je m'y suis fait plein d'amis artistes comme Modigliani et Apollinaire. C’est à ce moment que les affaires ont commencé à marcher. J’ai eu pas mal d’Ateliers dans le coin, je m’y plaisais bien. Après, j’ai emménagé dans le 6ème où j’ai peint l’un de mes tableaux les plus connus, Guernica


Roger(S) : Plutôt des quartiers pour ceux dont les affaires tournent bien…

Pablo : A dire vrai, je n’ai jamais eu à me plaindre… Les affaires ont marché vraiment très très fort. J’ai pu avoir la vie que je voulais et je me suis d’ailleurs acheté un petit château dans le sud de la France…


Roger(S) : Effectivement, ça devait marcher fort. Mais on ne voit pas bien les prix de l'immobilier dans le sud. Tu peux nous donner un exemple de vente ?

Pablo : Ben, j’ai une toile, les Femmes d’Alger, qui s’est vendue à 180 millions de dollars en 2015. Bon, le truc c’est que je n’en ai pas profité, car je suis mort en 1973 quand même...


Roger(S) : Sacré pactole quand même... Tu en as fait beaucoup des toiles méga cotées comme ça ?

Pablo : Ben j'ai à peu près 50 000 oeuvres à mon actif... Dont 1885 peintures et 1228 sculptures... On va rester sur les peintures, qui parlent à plus de monde... En dehors des deux déjà citées, je peux vous parler des Demoiselles d'Avignon, Le Rêve ou les portraits des femmes de ma vie comme Dora et Jacqueline par exemple.

Roger(S) : Mais tu as eu beaucoup de femmes dans ta vie ?

Pablo : Oh, quelques unes... Il y a eu Fernande Olivier, qui m'a inspiré une soixantaine de toiles, mais elle m'a trompé. Puis Eva Gouel, jusqu'à son décès de la tuberculose. Ensuite il y a eu ma première épouse, Olga Khokhlova que je rencontre en Italie et qui me donne mon premier enfant. Malheureusement elle me quitte dix ans plus tard quand elle apprend que j'ai mis Marie-Thérèse Walter enceinte. Bon, j'avais 46 ans et elle 17, mais quand on aime, on ne compte pas... Après cela, je tombe follement amoureux de Dora Maar. Enfin, pour 7 ans, car je l'ai quittée pour Françoise Gilot avec qui j'ai eu deux enfants. Enfin, il y a ma dernière épouse, Jacqueline Roque, dont j'ai fait le portrait à 400 reprises...


Roger(S) : Ça devait être sympa les réunions de famille...

Pablo : Oui... Il parait que Jacqueline ne s'est pas trop entendue avec mes quatre enfants après ma mort. Ils se sont battus bec et ongles pour mon héritage. Bon, vu le pactole, on peut comprendre... Mais elle a quand même été jusqu'à leur interdire d'assister à mes funérailles, c'est dommage.


Roger(S) : En tout cas, sacrée vie, pleine d'argent et de femme... Enfin, d'amour... Nous on file se mettre à la peinture…


La culture sur le terrain : Les lieux parisiens fréquentés par Picasso


Vous retrouverez notamment l'adresse à laquelle il peint Guernica.


VOIR SUR LA CARTE


Copyrights :

La Guenon et son petit, Pablo Picasso, 1951 © Maurice Aeschimann © Succession Picasso 2016

Le Rêve, Pablo Picasso, 1932 © Collection privée de Steven Cohen© Christie’s Images / Bridgeman Images © Succession Picasso

Guernica, Pablo Picasso, 1937 © Succession Pablo Picasso VEGAP 2017

Les Demoiselles d'Avignon, Pablo Picasso, 1907 © Moma

La Chèvre, Pablo Picasso, 1950, © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Adrien Didierjean, © Succession Picasso 2020

Les Femmes d’Alger, Pablo Picasso, 1955 © Succession Picasso 2008

Jacqueline assise de profil, Pablo Picasso, 1954 © Claude Germain / Succession Picasso

Portrait d'Olga dans un fauteuil, Pablo Picasso, 1918 © Succession Picasso-RMN-Grand Palais (Musée Picasso Paris)/ M.Rabeau

Portrait de Dora Maar, Pablo Picasso, 1937 © Succession Picasso-RMN-Grand Palais (Musée Picasso Paris)/ M.Rabeau

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