L'interview de Gustave Eiffel

Saviez-vous que les premiers visiteurs officiels de la Tour Eiffel en 1889 n'étaient autres que la famille royale d'Angleterre et de Buffalo Bill ?

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Pas de doute, il a une oreille à boucle... - Nadar 1888

Roger(S) : Salut Gustave ! Peux-tu te présenter s’il te plaît ?

G. Eiffel : Salut, je m’appelle Gustave Eiffel. Je suis né le 15 décembre 1832 et je suis ingénieur, industriel et entrepreneur.

Roger(S) : Eiffel comme la Tour Eiffel ? Tu es forcément Parisien alors ?!

G. Eiffel : Ok… je n’ai pas osé avouer dès le départ que je n’étais pas parisien. Je suis de Dijon. Mais avouez que c’est plutôt paradoxal quand mon nom de famille est littéralement associé à la chose la plus parisienne qui existe, non ?

Roger(S) : C'est vrai que tu es lié à Paris comme peu de célébrités peuvent l'être... Tu y as vécu au moins ?

G. Eiffel : Quelque temps oui. J’y étais principalement pour mes études. J’ai aussi vécu à Clichy après une embrouille familiale et en 1866 je m’installe dans les Ateliers Pauwels à Levallois, donc quasiment Paris… pas vrai ? 

Roger(S) : Bon, ça va nous acceptons Clichy et Levallois… C’est bien parce que c’est toi… Bref, pour devenir une telle star, tu as fait de grandes études, non ?

G. Eiffel : Oui, j’ai étudié au collège Sainte-Barbe de Paris avec l’ambition d’entrer à l’École Polytechnique. Bon, je n’ai pas réussi le concours donc je me suis rabattu sur l’École centrale des arts et manufactures. Après ça, le plan initial était de reprendre l’usine de mon oncle. Mais comme vous l’avez sans doute remarqué, mes plans ne fonctionnent pas toujours. Je finis donc par m’orienter vers la métallurgie. Avec le recul, je pense que ça a été la meilleure décision de ma vie. En 1856 je rencontre un entrepreneur parisien qui va me donner ma chance. A l’époque le fer et l’acier sont des matériaux très en vogue dans l’architecture donc j’ai pu m’imposer dans le domaine. 

Roger(S) : C'est sûr que tu as laissé ta trace dans l'architecture... Tu as dû faire pas mal de rencontres avec un tel parcours. 

G. Eiffel : Ah ça oui ! Déjà, j’ai rencontré Nepveu, mon mentor, qui m’a ensuite légué en quelque sorte à François Pauwels, le dirigeant des Ateliers du même nom. Ce sont d’ailleurs ces ateliers que j’ai fini par racheter pour en faire ma société. « Les ateliers Eiffel », ça en jette, hein ? Je ne remercierai jamais assez ces deux hommes qui selon moi, m’ont poussé au succès en exploitant tout mon potentiel. 

Roger(S):  Eh bah! Ta propre société ? Ça devait bien marcher financièrement pour toi. 

G. Eiffel : Ah plutôt pas mal oui, nous croulions sous les contrats, nous avions le vent en poupe comme on dit. Enfin ça se disait à mon époque en tout cas… Par exemple nous avons dirigé les chantiers de la galerie des Beaux-Arts, la gare de Verdun ou l’Observatoire de Nice. Il y en a tellement que je ne pourrais pas tous les citer.

Roger(S) : Dis donc, vraiment pas mal. Mais parmi toutes ces réalisations, quelle est ta plus grande fierté ? Même si nous nous doutons de la réponse... 

G. Eiffel : Ma plus grande fierté… je dirais la charpente du lycée Carnot… Je plaisante, évidemment. Je vais vous parler de la Tour Eiffel, je sais que vous l’attendiez celle-ci. 

Tout part d’une ambition partagée avec mes collaborateurs finalement. Ce sont eux d’ailleurs, qui ont eu l’idée en premier, je l’admets… Émile Nouguier et Maurice Kœchlin pour être précis. Au début, le concept d’une tour métallique pour l’exposition universelle de 1889 ne m’emballait pas des masses. Mais j’ai fini par racheter les brevets à mes collègues. 

La pression était à son comble, j’avais tellement peur que ça foire que j’ai dépensé des fortunes en publicité. Une fois le projet validé, il s’agissait de la construire cette fameuse tour… et ce, en 2 ans ! Évidemment, j’ai réussi. Manque de modestie ? Je sais… mais ça m’a valu la Légion d’Honneur après tout…

Roger(S) : Impressionnant, vraiment, quelle aventure ! Mais alors, n’y aurait-il pas un petit regret qui viendrait entacher ce si beau parcours ?

G. Eiffel : Malheureusement vous avez vu juste. Ma carrière n’a pas été flamboyante jusqu’au bout. Un de mes projets a un peu tourné au vinaigre… un des contracteurs menait des affaires louches et je me suis retrouvé au cœur de la vague judiciaire du canal de Panama… enfin bref, je préfère me focaliser sur le positif. J’ai quand même tenu jusqu’à 91 ans avant de décéder le 27 décembre 1923. Encore une fois, quelle prouesse de ma part. Modestie, quand tu nous tiens… 

La culture sur le terrain : Les spots d'Eiffel


Et pas que la Tour Eiffel, évidemment... On a un peu plus de ressources que ça. Quoique...


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