Pourquoi les plats en avion sont de style « vraiment pas terrible... »

Ceux qui ont déjà pris l’avion le savent, le plateau-repas à 10 000 mètres d’altitude, c’est rarement du trois étoiles Michelin. Et pour une fois, ce n’est pas la faute du chef, enfin pas que, mais de notre corps qui ne fonctionne plus tout à fait pareil en altitude.
Dans la cabine, l’air est ultra sec, à peine 10 % d’humidité, contre 45 à 65 % au sol. Nos muqueuses s’assèchent, gonflent, et notre odorat, qui représente l’essentiel de la perception du goût, s’effondre. La pressurisation n’arrange rien. Avec une pression 20 à 25 % plus faible qu’au sol, nos récepteurs olfactifs tournent au ralenti.
Du coup, les plats paraissent 20 à 30 % moins salés et 15 à 20 % moins sucrés.
Ajoutez le bruit en cabine, qui réduit lui aussi notre capacité à apprécier un plat, et vous obtenez soudain des recettes très moyennes, voire très mauvaises…
La seule exception c’est la tomate et ses notes « umami », le 5ème goût, en plus du sucré, du salé, de l’amer et du goût aigre. Cette saveur plus intense et moins dépendante de l’odorat, reste perceptible même quand le reste s’évanouit.
C’est pour ça que le jus de tomate devient irrésistible en avion. Au sol, certains trouvent que le jus de tomate a un goût de moisi. En avion, il libère des notes fruitées et fraîches. On en boit 1,7 million de litres par an rien que chez Lufthansa. Plus que de bière, c’est dire son succès…
