L'histoire des congés payés

Ah, les congés payés… Cette douce période pendant laquelle on peut enfin se reposer sans perte de revenus… Si ce droit nous semble aujourd’hui évident et fondamental, il n’a pas toujours existé.
Avant la création des congés payés, seule la grande bourgeoisie a les moyens de s’offrir quelques jours de repos. Elle quitte la ville à l’arrivée de l’été, s’inspirant des traditions aristocratiques qui voulaient que les nobles se mettent à l’abri de la chaleur pendant que les autres travaillent dans les champs.
👉 Les premiers congés payés
Les premiers congés payés apparaissent donc en 1853 sur un décret de Napoléon III. Il s’agit alors de quinze jours de congés rémunérés accordés aux fonctionnaires d’État. On voit en parallèle fleurir les premières stations balnéaires de Normandie comme Cabourg ou Deauville.
Ce sont ensuite les salariés du métro de Paris qui obtiennent 10 jours de congés payés en 1900, puis tous les salariés d’entreprises électriques en 1905 et ceux des usines à gaz l’année suivante.
Dans les années 1920, alors que les syndicats se développent, les revendications concernent davantage le temps de travail et les salaires que les jours de repos.
Antoine Durafour, alors ministre du Travail, ouvre le débat sur la généralisation des congés payés à tous les corps de métiers, sans succès.
Ce n’est qu’en 1931 qu’un projet de loi voit finalement le jour, soutenu par un certain Louis Gros. Il met en avant l’exemple de l’Allemagne ou de l’Italie qui ont déjà mis en place les congés payés pour tous les salariés au début du siècle.
Adopté largement par la chambre des députés, le texte est débouté par la chambre de commerce et oublié jusqu’en 1936.
👉 Du front populaire à la cinquième semaine de congés payés
Avec l’arrivée du Front Populaire, un mouvement ouvrier, au pouvoir en mai 1936, Léon Blum est nommé président du Conseil.
Si les congés payés ne font pas partie du programme du Front Populaire à la base, les mouvements sociaux virulents poussent le parti à rédiger un projet de loi à la hâte la nuit du 8 juin 1936. La loi présentée par Léon Blum est votée deux jours plus tard.
Grâce à cette loi, les congés payés deviennent obligatoires dans tout contrat de travail, allant de 6 à 15 jours par an selon l’ancienneté de l’employé.
L’impact sur le tourisme ne sera pas immédiat puisque 600 000 Français seulement partiront en vacances en 1936, mais il sera considérable par la suite avec 2 millions de vacanciers dès 1937.
Pour l’anecdote, la troisième semaine de congés payés est accordée en 1956 pour suivre l’exemple de l’entreprise Renault, la quatrième arrive en 1969, et la cinquième en 1982 avec les chèques vacances.
Et pour ceux qui veulent passer pro en congés payés, voici les pays qui en accordent le plus (en comptant les jours fériés) :
#1 Autriche – 40 jours
#2 Finlande, Suède, Luxembourg – 37 jours
#3 Estonie, France, Grèce – 36 jours
#4 Hongrie, Lituanie – 35 jours
#5 Allemagne, Danemark – 33 jours
