Boilly au Musée Cognacq-Jay

Saviez-vous que l’inventeur du trompe l’œil était aussi très fort pour caricaturer les Parisiens ?


  • Du 16 février au 26 juin 2022

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Ça c'est notre tête quand on nous offre un cadeau... - Expo Boilly au Musée Cogacq Jay - Photo by Roger(S)

Le Musée Cognacq-Jay consacre une exposition entière à l’artiste Louis-Léopold Boilly. Cet artiste est connu, ou pas, pour avoir dépeint ses contemporains de la Révolution de 1789 à l’aube de la révolution de 1848.


Bon, si nous étions en plein diner et que quelqu’un parlait de Boilly, nous ferions semblant de suivre avec un petit sourire et un hochement de tête, mais comme on est entre nous, avouons que tout le monde ne connaît pas cet artiste…


Du coup la simple évocation de son nom risque de ne pas suffire à vous convaincre de vous déplacer… Ce qui est bien dommage car avec 130 œuvres exposées, le Musée Cognacq-Jay nous offre une vision du Paris de l’époque qui vaut le détour.


Le nom du musée non plus n’est peut-être pas suffisant pour gagner votre confiance. Bien qu’il possède des chefs-d’œuvre des XVIIème et XVIIIème siècles, notamment une toile de Rembrandt, le Musée Cognacq-Jay n’est pas à proprement parler le plus célèbre des Musées de la ville de Paris.


Bon, nous nous faisons un peu désirer, en réalité nous avons de très bons arguments pour vous convaincre, s’il le fallait, de donner une chance à cette exposition. Voici nos 5 bonnes raisons d’aller découvrir Boilly au Musée Cognacq-Jay :


#1 Des œuvres qui ont de l’humour

Il semblerait que Boilly ait presque autant d’humour que nous. C’est assez rare pour être souligné… Pour nous faire rire, l’artiste n’hésite pas à se caricaturer lui-même, tantôt roupillant après un repas copieux, tantôt arborant les habits d’un sans-culotte, ou encore les habits pompeux et la perruque poudrée d’un royaliste.

Pour aller encore plus loin, Boilly se moque aussi de ses contemporains en caricaturant les 7 péchés, les hommes à moustache ou encore ceux à toupet, mais aussi certains métiers. Mention spéciale pour la caricature du vaccin qui survient alors que cette invention fait débat et que Napoléon oblige l’armée à se faire vacciner. Très actuel…


#2 Un artiste inventeur du trompe l’œil

Le mot « trompe l’œil » n’est même pas dans le dictionnaire lorsque Boilly crée ses premières œuvres trompeuses. Table recouverte de faux objets, illusion de gravures faites en réalité à la peinture, l’artiste est bel et bien le créateur du trompe l’œil. Ce terme sera reconnu par l’Académie en 1849

Les plus impressionnantes en la matière sont les œuvres qui semblent couvertes d’une vitre cassée. Il réalisera trois œuvres de ce type, dont deux sont dans l’exposition, la troisième étant restée au Louvre. Ces trompe-l’œil sont si réalistes que lorsqu’elles furent exposées aux États-Unis, de nombreux visiteurs signalèrent la vitre cassée au vigile.


#3 Jouer à « Où est Charlie, euh… Boilly »

L’artiste a intégré son autoportrait dans la plupart de ses œuvres. Bon, il est un peu facile à trouver quand il n’y a que 5 personnages sur la toile mais le jeu se corse lorsqu’il est caché dans la foule. C’est l’occasion de jouer à « Où est Boilly ».

Une autre toile à l’étage présente Boilly entouré de nombreux autres artistes. On vous aurait bien suggérer de jouer à « Qui est-ce ? » mais honnêtement on n’a pas reconnu grand monde… Heureusement qu’un cartel donne toutes les réponses…


#4 Des anecdotes insolites

Puisque Boilly dépeint le Paris de l’époque, il nous en apprend sur les mœurs et coutumes des années 1800. On y voit par exemple les distributions gratuites de vin où se pressait la population. On se croirait à une soirée « open bar » à la fac, c’est la cohue… C’est un peu moins mouvementé pour la distribution de lait. Étonnamment, ou pas…

On y découvre également les « coucous », des taxis calèches jaunes qui acceptaient jusqu’à 7 passagers et les « singes », les voyageurs pressés qui s’accrochaient à ces voitures déjà pleines. Toute une animalerie…


#5 Des œuvres inédites

Parmi les 130 œuvres exposées, nombre d’entre elles n’ont jamais été montrées en France. Il faut dire que beaucoup font partie de collections privées et ont demandé des recherches approfondies pour être dénichées.

D’ailleurs, le commissaire a si bien farfouillé pour réaliser cette exposition que cela a coûté deux œuvres au Musée Cognacq-Jay. En effet, le musée pensait posséder 5 originaux de Boilly dans ses collections permanentes. Après les recherches du commissaire, l’une d’elle est une copie, et une autre n’est simplement plus attribuée à personne. Bon, pas de bol mais il en reste toujours trois…



Le truc en plus

Ne manquez pas le duo d’œuvre Jean qui rit, Jean qui pleure dans la première salle de l’exposition. Vous y verrez un autoportrait de l’artiste se moquant du portrait d’un homme pleurant juste à côté. Il se rit ici de son père qui soutenait l’Ancien Régime et doit se lamenter du résultat de la Révolution.






Musée Cognacq-Jay

8 rue Elvézir, 75003 Paris

Entrée : 8€ - tarif réduit : 6€

Du mardi au dimanche de 10h à 18h

Fermé le lundi




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