L’Art minimal ou Minimalisme

Quand ?

A partir de 1960


Où ?

Aux États-Unis


Qui ?

Tony Smith, Sol LeWitt, Donald Judd, Robert Morris, Dan Flavin, Carl Andre ou James Turrell…


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C'est donc ça voir la vie en rose ?

Quoi ?

L’Art minimal est un courant créé par des artistes fainéants qui ne voulaient pas se fatiguer et ont décrété que moins on en faisait, mieux c’était. Ou pas… Bon, ça nous aurait simplifié la tâche que ce soit ça, mais ce mouvement est évidemment bien plus complexe...


Dans les années 1960 aux États-Unis, les courants vedettes sont le Pop Art et l’Expressionnisme abstrait. Le premier expose la société de consommation et joue sur l’égo démesuré des artistes. Le second se focalise sur le geste de l’artiste qui doit refléter l’expression de son esprit torturé. Dans les deux cas, on se concentre sur la petite personne de l’artiste plus que sur son œuvre.


C’est en opposition à ces deux mouvements que plusieurs artistes, avec Frank Stella en tête de file, se lancent dans des œuvres qui se regardent pour elles-mêmes et non pour ce qu’elles nous disent de leur créateur. Stella dira même : « ma peinture est basée sur le fait que seul s’y trouve ce qui peut y être vu ». Demandant peu de moyens et le moins d’intervention possible de l’artiste, ces œuvres s’inspirent du principe élaboré par l’architecte du Bauhaus, Ludwig Mies van der Rohe, « Less is more », c’est-à-dire « Moins c’est plus ».


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On est les seuls à ne pas trouver ça si blanc ?

Puisant des idées dans l’Art abstrait de Malévitch et son Carré blanc sur fond blanc, ou encore chez le pionnier du Minimalisme, Ad Reinhardt, et de ses nombreuses toiles monochromes, les artistes minimalistes basculent ainsi vers des œuvres très géométriques et volontairement simplistes.


Les ingrédients de ce mouvement sont donc souvent : des matériaux industriels, une sobriété extrême, peu de couleurs, voire une monochromie, des lignes répétitives et des formes géométriques basiques. C’est ainsi que Donald Judd réalisera des sculptures semblables à une colonne d’étagères, James Turrell des pièces vides habillées d’un éclairage coloré ou encore Carl Andre ce qui ressemble à un parterre de carrelage.


Mais ces œuvres minimalistes sont souvent mal reçues du public et des critiques qui y voient un manque de travail. On peut les comprendre… En réalité, en se débarrassant des artifices superflus, les artistes minimalistes nous obligent à nous concentrer sur les formes pour ce qu’elles sont. Le sens doit se dégager de l’œuvre elle-même, sans passer par le récit de l’artiste.


Ce retour à l’essentiel prôné par l’Art minimaliste aura une grande influence dans de nombreux domaines. On le retrouve en musique avec la minimale berlinoise, une musique électronique répétitive, ou encore en design, notamment chez une grande chaîne suédoise, Ikea pour ne pas la nommer.


Par la suite, ce mouvement inspirera fortement l’Arte povera qui prône une précarité nécessaire et l’Art conceptuel qui franchira une étape supplémentaire vers le « Less is more » avec l’idée que l’œuvre est suffisante et prime sur sa réalisation effective. En gros le projet vaut plus que l’œuvre finale. Encore un mouvement de fainéants… Ou pas.


Combien ?

On pourrait croire que de l’Art simple n’est pas très cher mais les sculptures de Sol LeWitt, par exemple, peuvent se vendre de 5 000 à 400 000€ selon leur taille. Son œuvre Right triangle, qui ressemble à une simple équerre de 150 cm, a été adjugée pour 43 500€ en 2018.


Le saviez-vous ?

L’expression Art minimal nait en 1965 chez le philosophe Richard Wolheim dans Arts Magazine. Cette appellation réductrice ne sera cependant jamais acceptée par les artistes de ce mouvement qui estiment que l’aspect sobre et « pauvre » de leur art ne suffit pas à le définir.





Copyrights :

James Turrell, Apani (Ganzfeld). Installation de la Bienale de Venise, 2011 - Private Collection France - James Turrell. Photo: Florian Holzherr

Kasimir Malevitch, Carré blanc sur fond blanc, 1918, MoMA, New York - D. R.

Tony Smith, Source, 1967 - Estate of Tony Smith / Artists Rights Society (ARS), New York

Robert Morris, Labyrinthe, Ile aux sculptures en Galice (Espagne) - DR

James Turrell, Into the lights - MASS MoCA Archive - DR

Sol LeWitt, Wall Drawing #462 - Rémi Villaggi / Centre Pompidou-Metz

Kasimir Malevitch, Carré noir sur fond blanc - Centre Pompidou, MNAM-CCI, dist. RMN – Grand Palais / Jacques Faujour

James Turrell, City of light - DR

Donald Judd, Untitled, 1980 - TATE GALLERY, LONDON ART - 2020 JUDD FOUNDATION/ARTISTS RIGHTS SOCIETY (ARS), NEW YORK

Dan Flavin, Untitled, 1970 - Photo Stephen Flavin ARS NEw York. courtesy galerie David Zwirner

Oeuvre de Carl Andre - DR


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